L’information et le conseil pour votre ascenseur

SOS-Ascenseurs.fr

Formation désincarcération de personnes bloquées dans les ascenseurs

Le blog d’une résidence, apparemment tenu par les membres du conseil syndical, relate un accident comme un fait divers.

Un petit enfant de 3 ans, accompagné de sa mère à introduit son petit pied à travers la grille intérieure de l’ascenseur, pendant son déplacement.

Son pied aurait « buté » contre une dalle du 2e étage la faisant bouger. L’appareil se serait alors arrêté suite au déclenchement d’une sécurité. (On ne nous dit pas laquelle)


L’enfant s’en sort avec un gros bleu selon un premier diagnostique énoncé par le rédacteur de l’article.


Explications par SOS-Ascenseurs


Que fera la copropriété?

Elle prévoit de faire voter, enfin, en assemblée générale, les travaux de remplacement de ces anciennes grilles inconfortables et dangereuses par des portes cabines vitrées.

Précisons qu’il est prévu que les copropriétaires de chaque escalier votent indépendamment. Ce qui permettra encore à certains de voter contre les travaux nécessaires à la sécurité des utilisateurs.


Le contexte réglementaire

Les ascenseurs sont généralement équipés de portes cabine protégeant efficacement les utilisateurs.

Ceci à été rendu obligatoire par un décret suivi d’une norme d’application en 1974.

Dans les années 80, une vague de travaux à eu lieux afin d’éviter des accidents malheureusement trop courants.

- les enfants comme les adultes qui laissaient déborder leur manche, leur cartable, ou leur robe qui s’accrochait à la paroi lisse.

- les gardiens qui sortaient les poubelles et se retrouvaient le thorax comprimé contre le fond de la cabine, lorsque la poubelle s’accrochait en descendant, sur la paroi lisse et étaient ainsi soulevée contre lui.

En 1974 déjà, les portes cabines étaient définies comme devant être équipées de panneaux pleins (pas d’ouvertures comme l’écart entre les mailles de la grille).

Cependant, le texte de loi en question, n’est pas rétroactif. C’est à dire que tant que la porte cabine ne fait pas l’objet de remplacement ou de travaux importants, il n’est pas obligatoire de respecter ce décret.


Toutefois, il convient souvent d’apporter du bon sens, devant tous ces textes de loi:

En effet, il y a une contradiction entre l’explication si dessus et la loi Urbanisme et Habitat, loi SAE ou loi de Robien qui demande que tous les grillages extérieurs de gaines soient prolongés sur toute la hauteur et équipés de mailles avec un écartement inférieur à 10 par 60mm. C’est que cette loi ne parle pas de la porte cabine.

On remédie donc aux risques de ce blesser à travers un grillage extérieur et non à celui de ce blesser à travers un grillage intérieur dont l’utilisateur est pourtant plus proche.



Que s’est-il passé?

Ce type d’ascenseur n’est pas équipé de cellules de protection car l’on admettait à l’époque, que l’utilisateur était en sécurité puisque limité à une zone précise à l’intérieur de la cabine délimitée, sur la face avant, par cette grille.

En coinçant sont pied, l’enfant a soit décalé la grille, équipée tout de même d’un contact de sécurité qui arrête l’appareil en cas de mauvaise fermeture de celle-ci, soit bloqué la cabine mécaniquement l’empêchant de monter d’avantage. Le moteur entraînant la cabine force alors quelques secondes (jusqu’à 10s), avant que la manœuvre électronique le stop, considérant qu’il s’agit d’une anomalie.

Les ascenseurs sont équipés de dispositifs détectant tout blocage du moteur. (Non détection du déplacement de la cabine, échauffement du moteur, consommation anormale de puissance moteur, …).


Comment auraient-ils put éviter l’accident?

Je ne sais pas si un brin d’exaspération était décelable dans le récit de l’accident et les explications ci-dessus, mais il se trouve (par le plus grand des hasards) que je suis intervenu personnellement, environ deux ans avant l’accident, pour diagnostiquer les risques existants sur les ascenseurs de cette résidence et rédiger un cahier des charges des travaux à faire pour une mise en conformité.


Voici donc le contexte réel:

La position du conseil syndical était de faire un minimum de travaux et uniquement ceux qui seraient obligatoires. De même, s’ils pouvaient êtres remis à plus tard, avec un report de l’échéance du 31 juillet 2008 prévue initialement par le législateur, au 31 décembre 2010….

Enfin bref, la position du conseil syndical n’aidant pas, c’est tout de même la copropriété qui a voté NON aux travaux, en assemblée générale.


Les travaux soumis au vote en 2008, ont été repoussés à plus tard (2010/2011).

Les grilles n’ont évidemment pas été remplacées, selon la décision de la copropriété.


Malheureusement, il faut très souvent un accident pour souligner la nécessité de veiller à la sécurité en ne se bornant pas à des textes de loi mais en réfléchissant aux conseils donnés par des experts compétents qui restent à votre service.





Voir nos Explications

Accident _ Grille d’ascenseur dans une résidence

à Saint Mandé

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